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Mais qu'est-ce qui cloche ?

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Un spectacle. Fascinant.

Eh bien, quelle soirée !

Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de conséquences dans ma vie professionnelle, personnelle et sur ma santé. Si j’avais su…

Spectacle d’hypnose. Une grande salle, beaucoup de public. L’hypnotiseur et moi.

Les lumières s’éteignent : première expérience. « Je vais vous proposer un petit test et les plus réceptifs d’entre vous, seront invités à monter sur scène à mes côtés. »

Sympa le concept : c’est le public qui fait l’animation ! Pas con le gars.

« Je vous rappelle que les photos et enregistrements sont interdits car les personnes sur scène peuvent être amenées à adopter des attitudes peu communes, voire gênantes et par souci déontologique, il faut préserver ce qui se passe ici. »

Eh bien, ça promet !

Premier test : les bras au-dessus de la tête, j’écoute ses suggestions. Merde, je suis coincée ! Bloquée, les bras par-dessus tête. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc !!! C’est troublant. En moins de deux, je me retrouve sur la scène, sous les projecteurs, avec quelques compagnons à bras élevés. J’entends, je suis consciente mais je ne contrôle plus du tout mon corps. Ça fait flipper !

Il nous demande de vivre en meute d’hommes et de femmes préhistoriques. J’adopte une démarche mi femme, mi bête, le dos rond, le visage fermé : nous partons à la cueillette et à la chasse, en poussant des cris de bête. Nous descendons les marches de la scène, ma meute et moi et il nous invite à chercher des parasites dans les cheveux de la tribu d’en bas, si docile, assise sur les sièges.  Ça tombe bien : j’ai faim ! Je vois un type de la tribu qui m’attire ; j’ai le sentiment de l’avoir déjà vu. Et comme il a une belle chevelure, je m’attache à la tâche avec application. Je sépare ses cheveux et lui gobe les parasites. C’est bon. Je le regarde avec envie.

Mais déjà l’hypnotiseur nous fait remonter sur scène. Réveil. Oh la vache ! Mais comment ai-je pu me croire femme de cro-magnon : incroyable ! Je retourne à ma place troublée…

Deuxième test à l’assistance : Paume de main contre paume de main, les deux index pointés vers le haut, qui s’attirent, se collent ; il suggère qu’on les décolle. Merde, je suis à nouveau coincée ; c'est à peine croyable.  Il passe dans les rangs et me demande de retourner sur scène : ai-je le choix ? Il a le contrôle sur mon esprit.

Je m'assois sur la chaise. D’autres sont ou arrivent sur scène. L’hypnotiseur parle, mais je n’entends pas vraiment ses propos. Soudain, la chanson de Diane Dufresne me parvient : « Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie, oh, oh, oh… » Alors je me lève et vais à la rencontre d’un homme dont je suis follement amoureuse. Nous dansons un slow langoureux, l’un contre l’autre, nous sommes seuls au monde. C’est bon, bon sang ! La musique s’arrête. Oups ! Je me détache de ce petit bonhomme bedonnant, aux cheveux gras qui pourrait être mon père. Lui est tout sourire, moi je l’ai perdu ! Comment ai-je pu me coller serrer à cet être ? Beurk !

L’hypnotiseur fait travailler les autres sur scène. Je suis soulagée : mon tour est passé ! J’ai assez donné. Non, il revient vers moi. Quoi, encore moi ? Il abuse : on est quatre mille dans cette salle, quinze sur scène et il revient vers moi. Avouez que ce n'est pas de bol !

Nous venons de vivre un terrible accident d'avion car et il me signale que j’ai perdu ma jambe. Oh, mon dieu ! Mais c’est vrai : je n’ai plus de jambe droite !!! Comment je vais faire ? Heureusement, un de mes compagnons la retrouve à l’autre bout de la scène. J’ai si mal ! Quelqu’un me la recoud et soudain je me sens beaucoup mieux.

Mais l’hypnotiseur me regarde avec effroi. Mais il a raison ; je me lève et je constate que ce n’est pas ma jambe. Non, ce n’est pas la mienne ! Celle-ci est beaucoup trop courte !!! D'au moins cinq centimètres. Je boîte, mon Dieu, je boîte… et tourne en rond. C’est bien ma veine !

Musique. « Aujourd’hui, j’ai rencontré… » Totalement in love, je cours, en boitant, vers l’élu de mon cœur. Nous traversons la scène et nous retrouvons face à face au centre de la scène… J’aime ça, je suis transportée ; plus rien d’autre n’existe que nous, unis sur cette scène. La musique cesse : beurk !  Quoi, encore lui ce laideron ! Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ce n’est pas possible : je suis possédée !

Le spectacle touche à sa fin. Réel soulagement pour moi. Retour à une vie « normale ». Ce que je croyais car depuis, ma vie  est un enfer :

-Je suis flanquée d’une sciatique (toujours un léger doute sur cette jambe droite ; je la regarde et je la trouve bizarre).  

-Je me trimbale un fiancé chiatique au regard lubrique (trop réceptif ce gars-là et il croit que c’est un signe du ciel, cette association d’un soir ; il pense que nous avons un truc à vivre ensemble) ; depuis il me suit, ne veut surtout pas perdre le contact. Oh le ringard !

 -j’ai été mutée à un poste professionnel critique. Soi-disant, mon physique ne me permettait plus d’exercer les mêmes fonctions : je ne suis plus assez classe : chic ! Donc mise au placard.

Pourquoi, vous demandez-vous ? Parce que le type aux délicieux parasites n’était autre que le pdg de mon entreprise…et il n’a pas le sens de l’humour, cet homme-là !

 

Non, je ne suis pas montée sur scène : la grande gamine n’est pas assez réceptive pour être hypnotisée dans ces conditions. Dommage ; elle aurait bien aimé vivre cette expérience. Elle a beaucoup ri cette soirée-là en voyant les autres « réceptifs piégés » : une bonne thérapie !