Il y a un truc qui m’exaspère, c’est l’hypocrisie post mortem…

Assistez à une cérémonie et vous entendez un flot d’inepties : tu meurs et tu deviens l’être idéal, limite demi dieu. De qui se moque t'on ?

Vous voulez un exemple ? Par exemple, mon papi. Je me rappelle : « il était très aimé, entouré de beaucoup d’amis. Sa convivialité en faisait une figure notoire dans la région. » Ouais… Enfin, c’est surtout qu’il était foncièrement égoïste et ramenait une flopée de copains à la maison. Et ma pauvre grand-mère devait nourrir tout ce monde dans la plus totale improvisation, avec toute la pression et la fatigue que cela engendre…

C’est pratique : tu fais n’importe quoi, et on dira que tu étais super génial.

Alors, j’ai eu une idée : puisque l’hommage est toujours élogieux, je vais prendre la chose en main et écrire mon propre texte.

« La grande gamine était une fort belle femme. D’une beauté à couper le souffle : de longues jambes fuselés, de la même longueur (ce n’est pas forcément le cas : regardez le nombre de boiteux, le côté bancal de certains), un teint de porcelaine… sur un visage de kaolin modelé de façon fort harmonieuse…euh… et une chevelure divine comme une cascade. » (Liste non exhaustive.) Oui, je sais : on n’évoque pas le physique normalement lors de telle cérémonie ; mais après pourquoi pas après tout ?

« Elle était merveilleuse. Toute sa vie fut dédiée à s’intéresser à ses compatriotes (mon côté cancanière) ; elle présentait le caractère d’une sensibilité accrue qui s’exerçait aussi bien devant le petit écran (je n’aime pas quand Aglaé et Sidonie disent « au revoir les amis ») qu’en cuisine (oignon, mon ami, c’est avec émotion que je t’épluche) … »

Voilà, ça pourrait continuer sur des pages et des pages… Je vais y réfléchir.